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Plus personnel. Désolée si ça gêne... * [
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● ● ● ●Tu sais, ma petite fille, je vais te dire quelque chose. A ton âge faut savoir que ça marche pas comme ça. Tu sais quand maintenant, vous dites sortir avec un garçon. Ce qui vient après, c'est l'amour. Oh non ne me regarde pas avec ces yeux là. Moi aussi j'ai aimé. Et c'est un mot qui a été roué de coups, mais qui existe encore bel et bien. Même si trop de gens le prononce comme « boîte de conserve ». C'est vrai. Mais l'amour. Vous les jeunes, vous croyez que c'est d'abord un bisou avec la langue, tu sais comme ton frère en fait. Après tu crois que c'est une bosse dans le pantalon, et après une partie de jambes en l'air. On grandit, et plus on grandit, plus vous pensez que c'est ça. L'amour, c'est physique, non ? Un exemple, quand tu annonces que tu as un copain, et surtout, quand tu dis « ça devient sérieux » , c'est parce que tu couches avec lui, je me trompe ? Non. Et je sais que tu le sais... Avec Mamy, on a rien fait avant de se marier, c'était comme ça à notre époque. Mais tu sais, c'était vraiment pas le plus important. Vraiment pas. Je l'aimais. Et d'un amour frais, sincère et fort. Du vrai, pas de votre conserve à la noix. Du vrai de vrai. Et moi aussi à mes parents, j'avais dit « ça devient sérieux », mais pour d'autres choses. Des détails qui vous font rire maintenant qu'on les évoque, parce que oui, forcément nous n'avons pas d'anecdotes particulières à raconter. On s'est pas... comment vous dites ? A oui, on s'est pas envoyé en l'air n'importe où. Mais c'est pas pour autant qu'on ne s'est pas aimé. Au mon Dieu non... Quand c'est devenu sérieux avec Mamy, c'était pour d'autres choses. Elle venait à la maison, et elle s'entendait vraiment bien avec les frères, et les parents. Elle souriait tout le temps, ce qui fait qu'elle était toujours la bienvenue, tu penses. Puis sans le faire exprès, ou pas, je ne sais toujours pas d'ailleurs, elle a commencé à laisser des affaires chez moi quand elle venait, ça a commencé par un ruban de ses cheveux, posé près du poêle. Puis son parfum dans ma chambre. Des sourires plein la tête. Parfois, elle cuisinait de bons petits plats, rien que pour nous deux quand le temps nous le permettait, et moi, j'amenais des bougies dans sa chambre, parce que c'est tellement joli qu'elle disait. Elle posait sa tête sur mon épaule, elle me disait je t'aime dans un murmure, et on se cherchait. On s'aimait, tout simplement. On aimait nos parfums respectifs, nos sourires, nos voix. Tout. L'un aimait tout chez l'autre. Et je l'ai toujours profondément respecté. J'ai fait attention à chaque détails pendant six ans, pendant les six années avant notre mariage. Je pouvais reconnaître chaque nouveau ruban, chaque nouvelle paire de ballerine. Chaque foulard. Tout, je voyais tout. Quand on passait un peu plus de temps ensemble, je savais même reconnaître à sa respiration si elle allait bien ou pas. J'en ai calmé des chagrins comme ça. Juste à sa respiration. C'est quelque chose que vous, maintenant les jeunes, vous ne faites plus. Maintenant, c'est mort. L'amour est mort. Il faut forcément relever un jupon, ouvrir une braguette pour que ce soit sérieux au XXIe siècle. Forcément... Et pourtant, l'amour comme on le connaissait, l'Amour avec la majuscule, c'était tellement bien. Mieux que tout orgasme dans le fond. Oui oui, j'ai dit orgasme, et alors ? Si je te dit que ton grand-père a été heureux. Ne le regarde pas comme quelqu'un de fou ! Ah ces jeunes... Alors Élise. Maintenant, dis moi si oui ou non, avec Anthony, c'est sérieux. A mon sens ?
La jeune fille hésita un peu, surprise d'un tel discours
- ... Alors oui Papy, a ton sens, c'est sérieux. Parce qu'avec Anthony, c'est l'Amour avec ta majuscule. Et depuis huit mois. Ni l'un ni l'autre, on fait dans la conserve. Mais Papy, sache une chose, tout les jeunes ne s'envoient pas en l'air. Il y en a encore beaucoup qui font l'amour...Crois moi.
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